Chaque jour passé avec nos petits compagnons félins est précieux et nous aimerions ô combien ralentir les années pour que cela dure le plus longtemps possible. Cependant, à moins d’avoir le pouvoir d’arrêter le temps, nos chats bien-aimés vieillissent tout comme nous. C’est un phénomène biologique normal. À défaut de pouvoir enrayer le processus, nous pouvons faire en sorte que cette période de leur vie s’écoule le mieux possible en leur offrant confort et soins adaptés à leur âge.
Le vieillissement est un processus individuel qui varie d’un chat à l’autre, en fonction de nombreux facteurs internes (gènes, métabolisme) et externes (environnement, mode de vie, etc.). En revanche, les premiers signes de vieillissement au niveau cellulaire apparaissent généralement chez le chat domestique aux alentours de 7 ans.
On distingue trois niveaux de sénescence :
– de 7 à 10 ans : chat mature
– de 11 à 14 ans : chat sénior
– de 15 ans à plus : chat gériatrique
Si le seuil de sénescence arrive relativement tôt dans la vie du chat, les premiers symptômes externes observables apparaissent généralement vers l’âge de 12 ans, sous la forme de changements corporels et comportementaux. Ce processus entamé est plus ou moins lent selon les individus, mais il n’est pas rare de rencontrer des chats qui dépassent l’âge de 20 ans !
Les signes indicateurs que votre chat vieillit sont parfois difficilement perceptibles. En effet, le chat n’extériorise pas ouvertement son inconfort ou sa douleur. Il évite, contourne, autant que faire se peut, les situations qui peuvent provoquer leur manifestation. Par exemple, un chat qui présente des douleurs articulaires en se déplaçant limite ses mouvements au sol et reste plus souvent couché.
La phase suivante est bien entendu de consulter le vétérinaire pour vérifier l’état de santé du chat, car la cause à tout changement soudain de comportement a très souvent une origine médicale.
En addition à une perte d’acuité de ses sens, tel que l’odorat, le goût et l’audition, le vieillissement chez le chat entraîne une fragilisation du système immunitaire et potentiellement des organes du corps. De ce fait, les chats âgés développent tôt ou tard des maladies.
Voici les principaux symptômes médicaux à surveiller (liste non exhaustive) :
Même en l’absence de signes et symptômes de vieillissement observables, il est fortement recommandé de visiter le vétérinaire pour faire un bilan de santé annuel de votre chat (ou semestriel pour les chats seniors et gériatriques) afin de s’assurer qu’il va bien. Ces examens de contrôle permettent de prévenir l’apparition des pathologies qui, si diagnostiquées précocement, pourront être contrôlées, voire traitées plus efficacement.
La sénilité existe chez le chat, tout comme chez le chien. Cette maladie appelée syndrome de dysfonctionnement cognitif (CDS) est une affection neurodégénérative liée au vieillissement pathologique du cerveau, dont les effets rappellent à certains égards la maladie d’Alzheimer.[1]
Si vous observez un ou plusieurs de ces comportements chez votre chat, consultez le vétérinaire qui est le seul habilité à diagnostiquer cette maladie. Le syndrome de dysfonctionnement cognitif ne peut être guéri, mais le processus peut être ralenti avec une prise en charge à la fois médicale et comportementale.[2]
Lorsque le chat vieillit, son espace vital habituel devient de moins en moins adapté à sa condition physique qui tend à décliner avec l’âge. Cela se manifeste par des difficultés grandissantes à accéder aux ressources telles que : la nourriture, l’eau, les espaces d’élimination, les lieux de repos et d’observation, etc. Au-delà de l’inconfort que cette situation induit au chat, les difficultés d’accès aux ressources peuvent générer l’apparition de comportements gênants (comme l’émission d’urine et selles hors litières), ainsi que la dégradation de son état de santé. Il est important de ne jamais punir le chat, cela ne règlera pas le problème et pourrait même l’amplifier.
Aussi, en parallèle des recommandations médicales et nutritionnelles du vétérinaire, est-t-il essentiel de procéder à des aménagements environnementaux en tenant compte des handicaps du chat pour lui apporter le confort nécessaire tout en veillant à combler ses besoins quotidiens.
Il arrive fréquemment que le chat âgé n’utilise plus sa litière pour éliminer parce qu’elle est devenue difficilement accessible pour lui. Soit parce qu’il y a trop de distance à parcourir pour l’atteindre (dans le cas de grands appartements, ou de maisons à plusieurs étages), soit parce que les bords sont trop hauts et que d’y entrer représente un effort physique douloureux.
En plus des recommandations habituelles sur la bonne gestion des litières, il est important :
La solution est de mettre en place une rampe ou un escalier pour animaux près de l’endroit en hauteur préféré de votre chat pour lui en faciliter l’accès. Vous pouvez soit confectionner cette installation vous-même, soit l’acheter en ligne ou dans une boutique spécialisée. L’important est de s’assurer de sa stabilité et qu’elle soit recouverte d’un matériau antidérapant afin d’éviter d’éventuelles chutes et glissades.
Pour les chats gériatriques qui ont de grandes difficultés à se mouvoir, envisager plutôt des couchages au sol et à mémoire de forme.
Chez le chat domestique, le sentiment d’insécurité augmente avec l’âge. Or, il n’est pas rare que des chats habitués à sortir en jardin miaulent pour qu’on leur ouvre la porte, mais une fois dehors, demandent aussitôt à rentrer.
Il est donc fortement conseillé de garder les vieux chats à l’intérieur tout en leur proposant en compensation, différentes sources de stimulations visuelles, olfactives, auditives et alimentaires gamelles ludiques).
Plus le chat vieillit, plus il perd en souplesse et gagne en raideur. Prendre soin de son pelage, user ses griffes, lui demande un plus grand effort parce que ses capacités physiques s’affaiblissent ou parce qu’il ressent de la douleur.
Il est donc important de prendre le relais, en commençant par une inspection régulière des différentes zones corporelles (oreilles, dents, pelage, griffes, zone périnéale) afin de s’assurer qu’elles soient saines et de visiter le vétérinaire si ce n’est pas le cas. Il faut aussi prodiguer les soins de nettoyage que le chat n’est plus en mesure d’assumer.
Il est important de toujours vérifier si le chat s’alimente et boit correctement. Si ce n’est pas le cas, bien entendu, il faut contacter le vétérinaire sans tarder.
Dans certains cas, il n’est pas rare que les vieux chats cessent de s’alimenter en raison de problèmes buccodentaires. Lorsque cela se présente, la douleur ressentie au moment de la consommation de nourriture fait que Minou cesse de s’alimenter pour ne plus avoir à la ressentir. Voilà pourquoi l’entretien régulier des dents par brossage avec une petite brosse et un dentifrice réservés à l’usage des chats peut prévenir ou retarder les problèmes buccodentaires. Même si brosser les dents d’un chat vous semble être un objectif impossible à atteindre, sachez qu’il est tout à fait possible d’y arriver sans le contraindre et lui imposer de stress. Tout est une question de méthode que nous pouvons vous enseigner.
Pour le très vieux chat présentant des douleurs articulaires, il est conseillé de distribuer la nourriture dans des bols légèrement surélevés (il en existe à hauteur réglable) afin de lui assurer une position confortable. En effet, si le chat a des douleurs cervicales par exemple, il peut être éprouvant pour lui de pencher sa tête jusqu’au niveau du sol pour saisir la nourriture.
Si Minou n’arrive plus à se toiletter, il est important d’assurer un brossage fréquent du pelage (même si votre chat a des poils courts) afin d’éviter la formation de nœuds et de bourre de poils. Il est conseillé d’utiliser une brosse douce, voire un gant de toilettage avec picots souples pour effectuer un brossage tout en douceur avec un effet massant pour améliorer la circulation sanguine.
Si votre petit félin n’est plus capable physiquement de faire ses griffes, il est important de vérifier leur longueur plus souvent et de couper les pointes afin d’éviter tout risque d’incarnation dans les coussinets. Cela peut être fait par le vétérinaire qui pourra vous montrer comment procéder si vous souhaitez le faire vous-même par la suite.
Une question qui nous est souvent posée est : « Est-ce que mon chat n’est pas trop vieux pour jouer ? ». À cela, je répondrai : « il n’y a pas d’âge pour rester jeune ! ». Le jeu est une activité plaisante, agréable pour le chat et contribue à le maintenir en bonne santé physique. En effet, faire de l’exercice, bouger, permet de limiter l’atrophie musculaire, de garder une certaine souplesse articulaire et contribue à améliorer le transit intestinal de votre petit félin.
Nous conseillons pour tous les chats (jeunes ou vieux) de faire deux séances de jeu interactif par jour pendant cinq à dix minutes. CEPENDANT, il est important d’adapter la durée, l’intensité et la manière de jouer, en tenant compte de l’état de santé général de votre chat et de ses handicaps.
C’est exactement la même chose pour la distribution alimentaire dans les gamelles ludiques qui est fortement conseillée pour tous les chats vivant en milieux confinés. Cela consiste à distribuer la nourriture dans des supports composés de tubes, de labyrinthes, etc. pour que le chat fasse un effort pour se nourrir en attrapant sa nourriture avec sa patte. Ce mode de quête alimentaire permet de stimuler cognitivement le chat et d’occuper son budget-temps. Il est d’autant plus intéressant pour le chat vieillissant, car il lui procure de l’activité physique et mentale. Il convient néanmoins de choisir la bonne plateforme avec un niveau de difficulté adapté à ses capacités.
Bien entendu, pour les chats très âgés qui ont des douleurs articulaires, il faut éviter d’utiliser les plateformes ludiques où le chat doit utiliser sa patte pour manger, mais au contraire distribuer la nourriture dans un bol simple.
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Si vous souhaitez en apprendre plus sur les astuces et solutions à mettre en place pour aider votre chat à bien vieillir, suivez la conférence en ligne « Chat vieillit bien », pendant laquelle nous serons ravis de vous aider et de répondre à vos questions.
Rédaction par Sophie Legrand
Éduchatrice et auxiliaire vétérinaire spécialisée
Références
[1] Drs. C. Karagiannis et D. Mills « Feline cognitive dysfunction syndrome », IVIS, juin 2014, p.43. [2] Drs. C. Karagiannis et D. Mills « Feline cognitive dysfunction syndrome », IVIS, juin 2014, p.47.Notez que les conseils présentés ci-dessous ne sont pas une garantie pour retrouver votre chat,…
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